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26 décembre 2016
François COLLIN

Les chevaux de trait (3ème partie)

Dernier article de la série Les chevaux de trait

L’Ardennais

CM éditions MG, CàD Charleville Méziere(08) du 13/08/2013, réalisation MF
CM éditions MG, CàD Charleville Méziere(08) du 13/08/2013, réalisation MF

Connu et mentionné depuis l’Antiquité romaine où il sert à la remonte des armées, l’ardennais devient jusqu’au début du XIXème siècle l’une des meilleures races de chevaux de selle et de trait léger pour la traction du matériel d’artillerie militaire. Sous l’empire napoléonien, ils sont réputés pour avoir survécu à la campagne de Russie.

De nombreux croisements notamment avec le Trait Belge et une sélection rigoureuse des éleveurs orientée vers les travaux agricoles dès le milieu du XIXème siècle en font peu à peu le cheval de trait lourd et puissant connu de nos jours. Destiné à la traction du matériel agricole, l’ardennais est aussi un grand améliorateur de races, ce qui lui vaut de donner naissance à l’ardennais suédois et à de nombreuses autres races de trait comme l’Auxois et le trait du Nord. À l’instar de toutes les races de chevaux de trait, la fin de la traction hippomobile et l’utilisation du tracteur entraînent le déclin de son élevage et une réduction drastique de ses effectifs.

 CM édition publicitaire « Soufrane », CàD Montier en Der(52) du 17/04/2014
CM édition publicitaire « Soufrane », CàD Montier en Der(52) du 17/04/2014

Cantonné au rôle presque unique d’animal de boucherie durant deux décennies, l’ardennais bénéficie au début du XXIème siècle d’un nouvel engouement dû au côté écologique de son utilisation pour l’entretien des espaces verts, le débardage en forêt et les loisirs en général, mais aussi à son habileté sur toutes sortes de terrains.
En France en 2009, il est devenu la quatrième race de cheval de trait la plus représentée en matière d’effectifs : 240 étalons en activité, 1500 juments saillies en race pure et 800 poulains immatriculés chaque année.

CM éditions Artaud, CàD Montier en Der(52) du 17/06/2013
CM éditions Artaud, CàD Montier en Der(52) du 17/06/2013

L’Auxois

Fortement apparenté au type Ardennais, l’Auxois résulte de croisements d’une jumenterie locale de chevaux " Bourguignons " et d’étalons Ardennais et surtout Trait du Nord, avec également quelques infusions Percheronnes et Boulonnaises au XIX siècle. Le gros Ardennais et l’Ardennais du Nord sont depuis le début siècle, les seuls utilisés.

Il en résulte une race de taille plus élevée que l’Ardennais : 1,60 m à 1,68 m au garrot et un poids avoisinant les 800kg.

CM édition publicitaire « Soufrane », Ob Illustrée Semur en Auxois du 08/09/2013
CM édition publicitaire « Soufrane », Ob Illustrée Semur en Auxois du 08/09/2013

La région de l’Auxois en Bourgogne, comprenant toute la partie sud-ouest de la Côte d’or avec une extension sur les départements de l’Yonne et de la Saône-et-Loire, est le berceau d’élevage de la race. Région légèrement vallonnée, fertile, aux pâturages riches et favorables à l’embouche, l’Auxois a contribué à l’évolution de cette race vers un type de chevaux plutôt grand de taille et de format.

L’Auxois est particulièrement reconnu pour sa puissance, sa souplesse, son endurance et sa docilité. C’est le compagnon idéal du retour à la vie rurale d’urbains las de la civilisation urbaine et adeptes du tourisme attelé.

Ses effectifs sont encore faibles. Chaque année, seuls environ 120 poulains sont enregistrés.

Le Trait Comtois

CM éditions MG , CàD Maiche(25) du 13/08/2013, réalisation MF
CM éditions MG , CàD Maiche(25) du 13/08/2013, réalisation MF

Dès l’époque romaine, on commence à écrire sur ce petit cheval rustique et de bon caractère des montagnes de Franche-Comté. Il descendrait de croisements de juments locales avec des étalons germaniques. Il fut utilisé comme étalon améliorateur de race dans toute la Bourgogne et servait de monture aux chevaliers lors de leurs joutes.

Cheval guerrier, Louis XIV puis Napoléon Ier l’adoptèrent aussi bien pour leur cavalerie que pour tirer artillerie et carrosses. Malheureusement, ces ponctions successives des armées entraînèrent une forte pénurie de chevaux en Franche-Comté…

Ce n’est qu’au début du XXème siècle qu’une poignée de passionnés décident de reprendre la race en main par une sélection rigoureuse des reproducteurs et par l’utilisation de petits étalons. En 1910, le premier concours d’élevage aura lieu à Maîche (Doubs). Cheval d’orgueil, il retrouva sa place dans les campagnes franc-comtoises en tant que compagnon de labeur quotidien de nombreux paysans.

CM édition publicitaire « Soufrane », CàD Maiche (25) du 21/09/2013
CM édition publicitaire « Soufrane », CàD Maiche (25) du 21/09/2013

Depuis lors, et malgré la motorisation croissante de l’après-guerre, le Comtois est toujours présent ! C’est même aujourd’hui la première race de cheval de trait en France avec environ 3600 élevages sur le territoire français pour près de 4000 poulains immatriculés annuellement en pure race.

Le Débardage

CM Editions Yvon , CàD Volmunster (57) du 07/05/2013
CM Editions Yvon , CàD Volmunster (57) du 07/05/2013

Depuis 2006, des entrepreneurs de travaux forestiers spécialisés en débardage par traction animale, et répartis sur toute la France, se sont mobilisés pour valoriser leurs savoir-faire, et faire reconnaître leur profession.

En effet, dans certaines zones sensibles où la mécanisation est limitée, règlementée, voire impossible, l’utilisation des chevaux est la seule solution pour extraire les futs des forets. Ailleurs, le cheval pourra être utilisé en association avec des machines qui placeront les troncs sortis par l’animal sur les tracteurs de transport.

CM Editions Combier, CàD Chaussin (39) du 06/11/2014
CM Editions Combier, CàD Chaussin (39) du 06/11/2014

Cette pratique est intéressante :

  • Pour le milieu naturel auquel elle n’occasionne pas ou très peu de dégâts (ornières, arrachement, tassement du sol, pollution de l’air, du sol ou sonore…)
  • Pour les infrastructures qui sont préservées
  • Pour le débardeur qui peut accéder à en sécurité à des emplacements difficiles (pentes, bords de rivières…) et aussi parce que la source d’énergie non polluante qu’est le cheval calme et évite le stress et les mauvaises vibrations dans le dos qu’apporte le tracteur
  • Pour le maintien de corps de métiers directement liés au cheval (élevage, maréchalerie, bourrellerie, dressage…)

Dans notre société chaque jour plus tournée vers la vitesse, les chevaux de trait nous rappellent ainsi que, bien souvent, ce sont les animaux qui redonnent sa dimension humaine au travail des hommes.

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